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BARATH Wladislas

5 rue Victor Hugo

67800 HOENHEIM

Faire sortir les émotions avec un oignon

Un médecin m’appela un après-midi pour que je prenne en urgence un petit garçon de trois ans qui – suite à une chute d’un caddie – avait complètement changé de comportement. De doux et agréable, il était devenu grincheux, excité et insupportable. Depuis cet accident, l’enfant n’était plus le même. Les parents ne le reconnaissaient plus et ne comprenaient quelle mouche l’avait piqué. Le médecin, lui, pensait à un traumatisme crânien. C’est alors qu’il le dirigea vers moi. Je le pris évidemment le soir même.

 

En réalité, la chute eu lieu deux semaines auparavant. Je demandais à ce qu’on l’allonge sur la table d’examen, mais il ne tint pas en place. Il hurlait, se débâtait et ne pouvait rester couché. Malgré son agitation, les tests mirent rapidement en évidence un spasme du principal muscle de la respiration (le diaphragme thoracique) ce qui m’amena à poser la question suivante : "après la chute, a-t-il pleuré ?"  La mère pris alors conscience qu’en effet, elle l’avait retrouvé assis par terre, hébété, surpris de se retrouver sur le carrelage.

 

Selon moi, ce n’est pas une réaction normale. Tout enfant qui se fait mal, pleure. Il lui manque donc cette possibilité d’évacuer son émotion, laquelle se trouve certainement encore enfouie dans son corps. En psychanalyse, on parlerait de refoulement. Même si, pendant longtemps, je n’ai sincèrement jamais compris cette notion, je voyais à présent une vieille expérience en science physique, où l’on plaçait une plaque d’émail sur une flamme, laquelle s’échappait alors de tous côté. Son comportement me faisait penser à cette échappatoire non naturelle, que l’on force. Comme le feu, ses émotions cherchaient à se frayer un chemin, à l’image d’un abcès qui tente de percer mais n’y arrive pas.

 

Le voyant gesticuler ainsi, je ne voulais plus entrer dans un jeu de force. A l’époque, j’aurai bloqué l’enfant pour le libérer au plus vite, mais ce jour là,  je trouvais cela stupide. J’eu alors l’idée de le renvoyer chez lui en prescrivant un acte pour le moins étrange : lui masser le sternum avec un oignon coupé en deux.  Les parents firent de grands yeux, constatant que je n’allais pas le manipuler, et pour les rassurer, je fixais un nouveau rendez-vous trois jours plus tard.

 

Ils revinrent avec le sourire aux lèvres ! Le soir même de leur visite chez moi, ils firent comme je leur avais demandé. Le petit ne réagit pas particulièrement. En revanche, le lendemain matin, il se cogna légèrement au rebord d’une table basse, mais se mit alors à sangloter de manière disproportionnée. Lorsque le gros chagrin se tarit son visage d’enfant boudeur se dissipa avec et ils retrouvèrent leur petit d’avant, doux et gentil. La transformation en était surprenante.

 

Pourquoi l’oignon ? Parce que son émanation fait pleurer.

 

Et pourquoi donc le sternum ? Parce qu’il s’agit d’un centre majeur des émotions et qu’il appartient à la cage thoracique dont le diaphragme était bloqué chez cet enfant.

 

On pourrait réitérer la même opération sur les parties du corps sur lesquelles l’enfant tombe et à chaque fois qu’il n’a pas pu se consoler ou exprimer sa douleur, sa peur ou sa souffrance. Pourquoi pas ? Personnellement, ce truc marche tellement bien, que je le préconise par téléphone lors de la prise de rendez-vous consécutive à une chute. Les gens sont interloqués dans un premier temps, mais si j’insiste, ils le font. Les résultats sont toujours là ! Les réactions, elles, sont très variables d’un enfant à l’autre, ou d’une émotion à l’autre, devrais-je dire. L’un tombe dans un long sommeil réparateur, l’autre baillera à se décrocher la mâchoire, le troisième entrera dans un fou rire, le suivant ne cessera d’en redemander à ses parents, etc. Mais au bout du compte, ce geste apaise, ce qui me donna l’idée d’extrapoler son action aux enfants agités, voire insupportables, sans chutes évidentes associées. Et là aussi, les « bouts d’choux » se calment. Du coup, cette simple prescription est conseillée une fois par semaine pendant deux mois. Cela permet d’évacuer des émotions totalement inconsciemment, sans en connaître l’origine. Parfait, non ?

 

Wladislas BARATH

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