
Plus j’avance dans ma pratique et plus je me rends compte combien nos mémoires nous polluent et combien elles sont capables de nous détruire la santé. Les plus dangereuses sont celles dont nous ne nous souvenons plus. Elles sont inconscientes et actives. Nous portons également des mémoires qui ne nous appartiennent pas. Elles ont malencontreusement été léguées par nos parents et sont à l’origine de bon nombre de nos maux (j'avais écrit un article sur le sommeil de bébé et le vécu émotionnel de la mère durant la grossesse. Je le ré-éditerai à l'occasion). Enfin, des illuminés affirment sans vergogne que certaines maladies sont les conséquences de traces que garde notre âme au cours du périple de ses vies. Même si, personnellement, je n’ai jamais vu d’extraordinaires guérisons grâce aux soins karmiques, plutôt que de rejeter l’idée, je me suis demandé si c’était possible et comment procéder.
Dans le milieu ésotérique, il existe de nombreuses techniques qui ont la prétention de faire resurgir certaines de ces mémoires. Certaines sont fastidieuses ou irréalisables. D’autres demandent une certaine technicité. Je vous en dévoile une, découverte de manière fortuite, surprenante par sa simplicité et son efficacité. Mais il existe une condition - et de taille - pour y arriver. Non qu’elle soit difficile à exécuter, mais qu’il convient d’appliquer tout bêtement sous peine d’échec.
Je me rends même compte aujourd’hui à quel point cette clé est fondamentale dans les soins, tant pour le praticien que pour le malade et ses proches.
La mémoire peut vite devenir la chose la plus toxique pour l’homme
Je suis un cartésien, ce qui veut dire que j’aime la logique et que je partage le point de vue de René Descartes qui stipule que toute hypothèse doit se tester pour pouvoir l’infirmer ou la confirmer. Il s’agit d’une attitude ouverte et propice à la recherche.
Quatre-vingt-dix pour cent des gens, malheureusement, se disent cartésiens sans même connaître ni le nom de celui dont ils défendent les théories, ni même ses écrits.
Prenons l’exemple de cet ingénieur en aéronautique que j’ai rencontré lors d’un mariage et qui, par courtoisie, s’enquit de connaître mon métier. Lorsque je lui expliquais en quoi il consistait, horrifié par mon approche peu conventionnelle de l’être humain, il recula dans son siège, les yeux exorbités, avança la main comme pour m’exorciser et conjura, la peur aux tripes, « Non, non ! Moi, je suis cartésien, je ne crois pas à ça ! »
Bien évidemment, je lui ai fait remarquer qu’il ne pouvait se dire cartésien en s’appuyant sur le fait qu’il ne croit pas. C’est antinomique. Je pense qu’il voulait dire qu’il est matérialiste, obtus, et que par peur, il s’en tient à ce qu’il connait et ce qu’on lui a inculqué, excluant tout ce qu’il ne maîtrise pas. Et comme le monde des émotions ne se dompte pas à coup de volonté et de logique, il est plutôt mal barré.
Or, justement, en restant ouvert et pragmatique, j’ai découvert que le monde biologique (nos cellules) réagissait non seulement à la physiologie (l’alimentation, l’hygiène, le sport, etc.), mais également à des informations dont nous avons difficilement accès, car invisibles.
Parmi ces informations, certaines sont pathogènes, c’est-à-dire qu’elles peuvent induire des pathologies. Certaines d’entre elles sont exogènes - elles proviennent de l’extérieure - comme les ondes électromagnétiques. D’autres sont endogènes et font partie de nous, comme les mémoires traumatiques qui, bien qu’elles soient obsolètes aujourd’hui, font toujours réagir les cellules de notre corps.
Ces informations sont hautement toxiques, car permanentes.
Dans le milieu ésotérique, il paraît qu’il est même possible que des mémoires d’outre-tombe nous affectent encore aujourd’hui. On appelle cela des mémoires « karmiques », pour désigner des mémoires de vies antérieures. Cela suppose que la réincarnation existe.
Cependant, même si mes expériences semblent valider ces suppositions, et bien qu’il ait pu y avoir guérisons au bout, je ne mettrai pas ma main au feu pour affirmer qu’il s’agisse de vies antérieures. Et vous pouvez imaginez ô combien je tiens à mes mains !
Sachez qu'il est possible avec un peu de pratique de retrouver des bribes d'informations du passé.
Souffler pour lever le voile de l’oubli
Cela fait des années que je m’intéresse au fonctionnement de l’esprit (de nombreuses expériences métaphysiques dans ma jeunesse ont éveillé ma curiosité et m’ont poussée à chercher des réponses). J'ai appris, par exemple, que les yogis utilisent la respiration pour influencer le mental. Ils affirment que celui qui réussit à le rendre aussi calme que l’eau d’un lac découvre sa véritable nature.
C’est vrai qu’une respiration tranquille calme le corps, et par ricochet le mental, cependant les textes vont plus loin et prétendent qu’elle purifie les nerfs. Et effectivement, lorsque vous pratiquez les exercices de respiration assidûment, votre corps est secoué de soubresauts musculaires surprenants. Lorsque les nerfs sont "polarisés", affirment-ils, la véritable science de l'âme peut débuter.
Les exercices de respirations sont appelés en yoga par leur terme sanscrit « pranayama ».
Il existe de nombreuses variantes où vous devez retenir le souffle soit en fin d’inspiration, soit en fin d’expiration, compter un certain temps pour chaque apnée et chaque respiration, etc. Certains conseillent de fixer l’attention sur l’air qui entre et qui sort des narines, d’autres de juste focaliser la pointe du nez, d'autres encore, de retourner la langue dans le palais, etc. On peut facilement s’y perdre.
La méthode la plus simple et la plus efficace est tirée du Kriya Yoga, et est appelée Hong-Sau1. Celle que je partage ici comporte des modifications personnelles. Je n’ai pas la prétention de savoir mieux que nos anciens, mais en pratiquant ainsi, j’ai obtenu des résultats qui ont surpassé mes attentes.
Hong Sau signifie en sanscrit « Je suis ». Mais la compréhension du terme n’a aucune importance.
La technique Hong-Sau comporte des préliminaires (prière, détente musculaire, technique de rétention de la respiration, etc.) que je ne détaillerais pas. Sincèrement, je ne les fais pas. Selon les écrits, lorsque le corps et l’esprit sont apaisés par ces préparatifs, vous pouvez débuter Hong-Sau :
Observez sans effort le souffle entrer et sortir de lui-même. La respiration se fait naturellement et profondément, sans tension, sans participation aucune. Quand le souffle entre, «chantez mentalement Hong (comme le « ong » dans le « hong » de « Hongkong ») ; dès que le souffle commence à sortir, chantez Sau (o ouvert, comme dans « porte »). Il vous suffira d'observer le souffle en chantant mentalement Hong à chaque inspiration et Sau à chaque expiration. (Ne contrôlez pas le souffle : le chant doit suivre la respiration, le va-et-vient naturel du souffle.) »2
Intuitivement, j’ai ajouté une image pour fixer le regard interne :
À l’inspiration, imaginez une énergie rouge-orange nourricière jaillir du centre de la Terre et s’élever pour vous traverser la colonne vertébrale. Faites la monter au plus loin que vous puissiez imaginer dans l’espace. J’appelle ce point infini « le firmament ». Vous remarquerez qu’étrangement, il est parfois difficile de propulser en imagination cette masse incandescente dans les hauteurs.
À l’expiration, imaginez une énergie lumineuse, blanche, immaculée, descendre du « firmament » pour vous traverser à nouveau la colonne vertébrale de haut en bas, et faites-la descendre au plus profond de la Terre. Cette représentation descendante semble plus facile que l'ascendante.
Jouez à ce va-et-vient calqué sur la respiration naturelle et sans effort. Appliquez-vous à n’offrir aucune résistance à la respiration.
À cause de sa simplicité, cette technique est dépréciée. L’erreur quand on suit le chemin du développement personnel est de forcer et de chercher de l’extraordinaire et du sensationnel qui sont, en toute honnêteté, le plus grand des obstacles.
Bien évidemment, j’ai fait comme tout le monde : je cherchais quelque chose de prodigieux, jusqu’au jour où - bien dix ans plus tard - j’ai abandonné toute quête surréaliste et pratiquai pour pratiquer sans plus rien attendre. Croyez-vous que j’y serais arrivé naturellement ? Non. Il m’a fallu ruser.
Quand l’ennui a du bon
Parti pour trois semaines en Vacances dans la famille de mon épouse, j’avais prévu là-bas de poursuivre parallèlement mes recherches psychiques. Et pour m’obliger à persévérer dans l’introspection, je n’avais apporté volontairement que deux livres.
Ce qui devait arriver arriva : après une semaine, j’avais dévoré les deux bouquins et m’ennuyait lamentablement.
Par le plus grand des hasards, les deux semaines qui suivirent furent désolantes : il ne se passa rien d’intéressant. Aucun programme familial (nous n'avions pas encore les enfants). Aucune sortie et aucune rencontre amicale. Nada ! Je me retrouvais donc dans la petite chambre qu’on nous avait alloué, à ne rien faire.
Je comblais ce temps vide pour pratiquer cette technique. Je la fis trois ou quatre fois par jour (dès que je me retrouvais dans la chambre, en fait). Au début, je m’efforçais à la réaliser correctement. Puis au bout d’un moment, je ne me posais plus de question : je m’asseyais et pratiquais.
Après une dizaine de jours, alors que je ne m’y attendais pas, je « vis » deux pétales violettes s’ouvrir au milieu de mon front. La vision avait la consistance d’un arc-en-ciel : réelle et insaisissable à la fois.
Si j’avais déjà lu des choses sur les chakras, le troisième œil ou le centre âjna, ce que je vis n’était pas tiré de mes lectures. Le phénomène était aux antipodes de ce que j’avais pu imaginer par le passé. Avec du recul, je me rends compte aujourd’hui combien mes attentes fantaisistes m’empêchaient d’y accéder. C’est dire combien nos lectures sont à double tranchant : elles sont à la fois des indications et des pièges, et je sais que même si je suis de bonne foi, ce que je relate ici peut entraver vos propres expériences. C’est pourquoi faites les exercices sans aucune attente. Pratiquez pour pratiquer, sans autre but que de pratiquer, et détachez-vous-en. Voilà la clé.
Parallèlement à cette ouverture frontale, j’avais l’impression qu’un corset venait d’éclater dans le poitrail et que la respiration ne m’appartenait plus. Elle était libre, fluide, lente, ample et calquée sur un rythme externe, une sorte de souffle latent, présent dans l’Univers entier et percevable dans l’intimité du silence. On aurait dit un soufflet. Le passage entre l’inspiration et l’expiration, et vis-versa, était harmonieux et souple. La cuirasse musculaire s’était volatilisée et je percevais très nettement l’élasticité des ligaments et des fascias en bout de course. Chaque respiration rebondissait sur ces tissus et ne nécessitait plus aucun effort. Elle était parfaite et économique.
Je me retrouvais également dans un état de présence aiguë qui dura plusieurs semaines. Toute connaissance m’était accessible directement et sans support. Mais paradoxalement, dans cet état d’omniscience ne surgissait aucune question. Aucune n’avait d’intérêt et donc aucune réponse n’en découlait. Il fallait que quelqu’un m’interroge pour pouvoir y répondre de manière étonnante. De moi-même, dans cet état, je ne me serais jamais posé de questions car cet état se suffisait à lui-même.
Trois semaines plus tard, par exemple, lors d’un séminaire, une personne me demanda l’origine d’un Naevius sur sa joue. Je mis instinctivement le doigt dessus et me retrouvais transporté dans un naufrage. Je vis le bateau sur le point de sombrer et trois personnes sauver leur vie en jetant une barque à la mer. L’un d’eux était le grand-père de la dame. Ils endurèrent le soleil de plomb, le manque de nourriture et prièrent la vierge noire pour leur venir en secours. Ils lui promirent d’ériger un autel en son nom s’ils survivaient. Ce fut le cas, mais ils ne tinrent pas promesse. Tous les trois oublièrent le pacte et c’est pour cette raison que la rose revenait perpétuellement dans la vie de cette dame. La rose est le symbole de la Vierge. Tout se révéla exact.
Curieux de connaître la durée cet état, j’avais cessé les exercices dès le lendemain de cette ouverture frontale, et les effets s’estompèrent progressivement au cours du mois durant lequel j’eus beaucoup d’autres visions et de nombreuses expériences inhabituelles.
Je modifiais néanmoins le procédé, car il demandait un investissement personnel trop important, et expérimentais ainsi d’autres variantes. Je me rendis compte que la facilitation mentale permettait de cerner l’origine de la problématique des patients et de revivre certaines bribes de mémoires d’antan.
Dis moi d'où vient ce souffle et je te dirais d'où vient la mémoire
J'eu l'idée de pratiquer la technique Hong-Sau en cabinet. J'en fis un préliminaire avant de débuter le soin. Il m'arrivait que pendant l’inspiration, lorsque je cherchais à monter cette énergie rouge nourricière du centre de la Terre vers le haut, je ne pouvais l'élever dans les cieux. Mon imagination bloquait et c’était assez frustrant. J’y arrivais jusqu’au bassin, jusqu’au thorax ou bien la tête, mais pour une raison inconnue, impossible de la mener plus haut. En même temps, je découvrais qu’il était impossible de faire descendre l’énergie blanche du haut vers le bas lors de l’expiration.
Je me suis mis alors à observer mentalement pourquoi je n’arrivais pas à l’extirper d’en haut. Je découvris que sa source avait changé de place. Elle ne venait plus du Ciel, mais d’un point situé derrière moi. Si je l’imaginais venir de là, l’image mentale était claire et sans anicroche.
À force de faire cette respiration entre la Terre et ce point situé derrière moi, et de laisser mon esprit suivre simplement ce mouvement de va-et-vient, il m’apparut des visions de consistance similaire à des souvenirs.
Ces réminiscences apparaissent lorsque vous laissez l’esprit suffisamment libre pour ne pas imposer à votre imagination vos propres attentes. Personnellement, je me suis donné comme règle de ne prendre que ce qui me surprend. L’imagerie doit m’étonner, me surprendre, sinon je considère qu’il s’agit de mes propres projections. Si c’est du connu, cela vient de mon propre mental. Dans ce cas, je ne m’y attarde pas.
Peu à peu, je réussis à déterminer que si l’imagerie mentale de cette énergie bloquait au niveau de mon bassin, l‘origine du problème de la personne que je traitais était purement physique. Si elle bloquait au niveau de l’abdomen, elle était métabolique (il fallait donc revoir la nourriture et l’hygiène de vie). Si elle se limitait au thorax, elle était émotionnelle et propre à la vie de la personne (un souvenir personnel qui n’était pas réglé). Si enfin, elle se faisait au niveau de la tête, alors apparaissaient des images d’un autre temps qui n’appartenaient pas directement à la personne. Sans doute les mémoires karmiques.
Grâce à cette technique, il m’était enfin possible d’ouvrir une fenêtre dans le temps et de retrouver certaines mémoires d’un lointain passé, comme ce fût le cas de cette adorable femme et de sa culpabilité séculaire.
Une culpabilité vieille de plus de cent ans
Madame R. avait cinquante-six ans lorsqu’elle vint me consulter. De corpulence moyenne, les cheveux mi-longs, lisses, avec quelques mèches blondes, elle était d’une délicieuse gentillesse. Toutefois, son regard trahissait une tristesse et une inquiétude permanente. Elle doutait énormément d’elle même et pleurait anormalement facilement. Elle savait qu’elle se pourrissait la vie en se culpabilisant, mais c’est plus fort qu’elle.
Après avoir répondu au motif de sa consultation – une douleur banale du dos – je lui proposais à la troisième séance de me pencher sur cette affreuse culpabilité. Je me mis à la tête de la personne, posais les mains sur le crâne puis commençais silencieusement l’exercice de respiration. Cela donne juste l’impression aux sujets qu’on se concentre pour mieux sentir, vu qu’il n’y a absolument rien de démonstratif.
Très vite, l’imagerie mentale de l’énergie stagnait au niveau de la tête. Je me laissais entraîner par ce rythme régulier et vis une histoire complètement inattendue :
Je me retrouvais quelque part en Amérique dans les années 1800 et quelques (il m'était difficile de dater la scène). Un homme saisit un adolescent par les épaules et le somma d’aller au plus vite au village pour avertir la population de l’imminence de la guerre (ou révolution). Les habitants devaient quitter les lieux dans l’urgence.
Le gamin sauta sur sa charrette et poussa les deux chevaux à leur puissance maximale. Malencontreusement, en cours de route, une des roues de la charrette explosa et le pauvre malheureux fut éjecté, la tête la première dans le fossé.
Lorsqu’il reprit connaissance, le visage ensanglanté, il faisait presque nuit. La charrette était un peu plus loin, un des deux chevaux avait disparu. Il récupéra tant bien que mal la roue et tenta de la replacer, en vain. Il appela à l’aide, mais il n’y avait pas une âme à la ronde. Il pleura.
Puis il se ressaisit. Il renifla, essuya son visage avec la manche de sa chemise et se mit à courir à travers champs. Mais en arrivant, ce fut le chaos. Il ne restait presque plus rien. Les maisons brûlaient et des cadavres jonchaient le sol. Il s’effondra et pleura à n’en plus finir, n’ayant pu sauver personne.
Fin.
Voilà ! Je remarquais que le jeune homme avait commis plusieurs erreurs. D’abord, il aurait dû libérer et monter le cheval restant, mais il n’eut pas l’esprit suffisamment clair pour le faire. Ensuite, il prit la responsabilité de l’atrocité humaine, alors qu’il n’était qu’une victime. Quoi qu’il en soit, je réfléchissais comment apporter une solution à cette histoire. Il me vint alors une idée.
Je n’eus pas le courage de dévoiler cette vision, car parler de vies antérieures à des personnes qui viennent vous consulter pour des soins manuels est incongru. Je demandais à ma patiente en tout et pour tout de me faire confiance et de suivre mes instructions : trouver une roue de charrette et apprendre chez un forgeron à la réparer.
Elle écarquilla les yeux, se redressa et s’assis sur le rebord de la table de soin. « Comment savez-vous que j’adore les roues de charrettes ?! J’en fais la collection. » Je n’en savais rien. Mais visiblement, je tenais le bon filon.
Elle fit comme je le lui avais indiqué, et cela la débarrassa définitivement de sa culpabilité (sept ans de recul à ce jour).
Ce cas fait partie de la dizaine, dans ma pratique, pour lesquelles la résurgence de vies antérieures fut salutaire. Mais il est impossible d’en faire une banalité. La méthode est subtile et nécessite une disponibilité et un investissement de soi difficile à maintenir d’un patient à l’autre.
Deux écoles
Il existe d'autres techniques. Mais grossièrement, il n'y a que deux approches dans l’exploration des vies antérieures.
Dans la première, le patient est passif et doit s’en remettre au thérapeute qui utilise ses propres facultés pour découvrir l’histoire d’une des vies antérieures susceptibles de donner un sens au trouble dont souffre le patient (c'est ce que j'ai fait ici). Le procédé est simple et ne nécessite aucun effort pour le patient qui, du coup, ne s’implique pas. Il est libre de prendre ou non ce dont il a besoin dans le récit sans s’investir émotionnellement. En revanche, il doit faire confiance au thérapeute et n’a aucun moyen de vérifier ni sa technicité, ni son professionnalisme, ni son intégrité. Le patient doit également présenter une certaine maturité. Les personnes destructurées, fragiles ou influençables devront éviter ce genre de relation thérapeutique.
L’inconvénient de cette approche est que le patient n’en ressort pas transformé. L’information reste intellectuelle et ne franchit pas la barrière émotionnelle. Or toutes guérisons passent par l’intégration des sentiments (lire à ce sujet l'excellent livre d'Andy Bernay-Roman, un psychothérapeute américain exceptionnel, À sentiment profond, guérison profonde). Comme bien souvent, le patient cherche une solution extérieure à une problématique profonde qui, elle, est intérieure.
Étant plutôt d’avis qu’il soit préférable d’apprendre à pécher plutôt qu’à donner du poisson, j’encourage la seconde approche, celle où le patient expérimente par lui-même. C’est pourquoi j’ai partagé mon expérience et la technique qui m'a permis de la réaliser. Pratiquée avec assiduité, vous pourrez expérimenter ces états particuliers par vous-même.
Parmi les autres techniques qui existent, vous trouverez :
- celles qui utilisent l’induction hypnotique : par la parole uniquement comme le fait le Dr Brian L. Weiss, ou avec adjonction de musiques comme le font Patrick Drouot3 et Claude Desarzen4, ou par excitation sensorielle comme dans le chamanisme,
- celles qui utilisent l’incubation des rêves (la plus simple) : on oriente tout son esprit dans l’attente d’une expérience onirique karmique,
- celles qui utilisent l’hyperventilation (éprouvante, mais percutante): la Respiration Holotropique de Stanislav Grof5 ou le Rebirth6,
- celles qui s’aident de substances hallucinogènes naturelles (Ayahuasca, Peyote, Peyotl, etc.7), ou synthétiques (LSD, Ecstasy, DMT8, etc.)
La voie médicamenteuse, qu’elle soit naturelle ou chimique, est difficilement envisageable, car en plus d’être prohibée, elle doit être scrupuleusement encadrée : le voyage psychédélique dépend de beaucoup de variables et la destination n’est pas toujours celle escomptée. Elle était fortement utilisée dans les années 70 et de nombreux "maîtres spirituels" ont découvert l’éveil par ces procédés sans jamais l’avouer et en faisant croire à un ascétisme rigoureux.
Pour les autres techniques citées plus haut, les avantages sont nombreux : le patient acquière une autonomie, une profondeur d’esprit, un autre regard sur la vie, un détachement et une sérénité. Malheureusement, comme tout apprentissage, les débuts sont difficiles et les résultats initiaux maigres, mettant à dure épreuve la motivation.
Retenez que le plus grand obstacle sont nos propres attentes fantaisistes. En nous imaginant trompeusement les choses comme nous souhaiterions qu’elles soient, nous dévions de l’expérience telle qu’elle est.
Lorsque l’on s’ouvre enfin à l’inconnu, lorsqu’on ose enfin y plonger, alors ressuscitent de vieilles histoires du passé. Et étrangement, elles présentent toujours un lien en rapport avec notre problématique du présent. Comment notre cerveau arrive-t-il à cibler précisément cette séquence particulière de l’histoire ?
Y aurait-il un guide des archives Akashiques ?

Lorsque j’ai pratiqué la respiration holotropique à Paris (lors d'un séminaire encadré par la psychanalyste-psychothérapeute et psychologue clinicienne Martine Gercault9), j’ai revécu plusieurs vies antérieures successives. Dans deux d’entre elles, je suis mort bêtement et inutilement au cours d’une guerre. L’une en tant qu’espagnol en pays incas et fus transpercé par une lance dont la pointe se planta dans une vertèbre dorsale, au point exact où j’avais toujours eu une douleur. Dans la seconde, ce fût la guerre de Sécession et suis mort dans l’agonie, sur le champ de bataille, terrassé par une balle perdue qui se logea au point exact où la lance avait déjà terminé son trajet. Durant toute la nuit, au milieu de cadavres, j’implorais un prêtre pour me pardonner et je trouvais la guerre abominable et terriblement absurde. J’étais triste de ce que j'avais fait et de mourir seul.
À cet instant, mon binôme pour la cession (qui surveillait mon expérience) me prit la main pour me rassurer. Il avait vu à ma mimique que je revivais un moment douloureux. Lorsque j’ai senti sa présence, je fus l’homme le plus heureux de la Terre. Le lendemain, lorsque je lui fis part de mon expérience, il m’expliqua que son nom signifiait justement « l’Évêque ». Étrange coïncidence.
Dans trois autres vies, j’étais une femme et accouchais. Dans la première, je fus morte en donnant la vie. Dans la seconde, j’étais née aveugle et ne savais comme j’allais faire. Ce fut une autre femme qui éleva mon enfant. Dans la troisième, la délivrance fut difficile, mais tout se termina très bien.
En sortant de la cession, je me demandais ce que tout cela signifiait. J’étais déboussolé. Ce soir-là, mon épouse insista pour visiter la tour Eiffel, et là, m’annonça qu’elle était enceinte. Je ne m’y attendais absolument pas et étais encore assommé par les expériences psychédéliques que je venais de vivre. J’étais à nouveau l’homme le plus heureux sur Terre, mais ne pus l’exprimer tellement j’étais confus.
Comment mon cerveau avait-il agencé tout cela ? En respiration holotropique, il est demandé de faire confiance à son inconscient. Lui, sait ce que nous avons besoin de voir. Ce qui laisse entrevoir qu’il existe en nous une Intelligence qui fait office de Guide. Il suffit donc de se laisser guider.
Certains lui donnent un visage et se le représentent comme un vieil homme à la longue barbe blanche présentant un livre - celui de notre âme - et l'ouvrant juste à la page concernée (c'est ainsi que le vivait Edgar Cayce). D'autres le voient comme une organisation hiérarchisée, une sorte d'instance désincarnée composée d'entités bienveillantes qui s'affairent à nos difficultés personnelles - même inconscientes, celles dont nous n'avons pas conscience, vous imaginez !? - et d'y répondre avec une justesse remarquable.
Et si on se trompait ?
La théorie de la réincarnation est tentante, mais le phénomène de reviviscence des vies antérieures peut être interprété d’une toute autre manière.
Je pense que le cerveau est un appareil perfectionné, dédié à la mémorisation. Cela signifie qu’il est capable d’enregistrer des quantités faramineuses de données (même inconscientes) puis de les relire, et donc de revivre ces mémoires. Le cerveau est d'abord un lecteur/enregistreur.
Une fois mémorisé, le cerveau est capable de comparer les données et fait des associations.
La conscience, comme un tuner radio, sélectionne la plage de mémoires dans laquelle joue la personnalité. Lorsqu’elle cesse son contrôle, le cerveau est libre de se mettre en résonnance avec des mémoires plus proches des enjeux émotionnels sous-jacents.
Il semblerait que toute mémoire soit inscrite non pas dans le cerveau, mais sur un support au-delà du temps et de l’espace, appelée anciennement "Annales Akashiques" ou plus récemment "conscience collective". Les lectures d'Edgar Cayce faisaient allusion à la lumière et affirmaient que l’histoire y laissait des traces mémorielles qu’on pouvait consulter au besoin, mais cela suppose de laisser sa conscience au vestiaire, trop préoccupée par le quotidien. Le deuxième barrage est le contenu émotionnel inconscient de la psyché. Ce dernier influera totalement l’expérience. Le cerveau puisera dans la mémoire collective, la situation la plus proche des affres émotionnelles inconscientes.
Si le cerveau enregistre une mémoire, il est aussi capable de la relire, redonnant toutes les sensations enregistrées à l’époque. Nous retrouvons toutes les sensations corporelles et revivons donc littéralement la mémoire. C’est ce qui se passe dans l’expérience de vies antérieures. On vit simplement une mémoire, sans pour autant pouvoir affirmer qu’elle nous appartienne, mais qui en revanche, a un lien évident avec notre vie et notamment une problématique actuelle personnelle.
Le cerveau puise donc une histoire similaire à notre ambiance émotionnelle, non plus dans notre banque de donnée individuelle, mais dans un stock bien plus large, au delà du temps et de l'espace, et au-delà de notre structure personnelle. L’avantage est que cela permet de voir son propre problème d’une manière tout à fait différente, d’un autre point de vue, extérieur cette fois-ci. N’ayant plus le nez dedans, apparaissent des évidences salutaires. C’est la fameuse prise de conscience. Et c'est là que je trouve cette approche géniale.
Bref, le fait de revivre un souvenir prouve-t-il qu’il nous appartient ? A priori oui. Comment pourrait-on vivre le souvenir d’un autre. Mais la pratique m’a montré que si l’on met en silence notre propre personnalité (prenez rien que le rêve) ou qu’on l’altère momentanément (par la privation de sommeil par exemple), il est bel et bien possible de vivre des pans entiers de mémoires qui ne nous appartiennent pas. Notre conscience ne se limite donc pas à notre personnalité. C’est parce que nous croyons être cette personnalité que nous vivons cette bande passante de souvenirs correspondants. Ce que nous croyons de nous même limitera nos expériences.
Le secret des techniques en psychologie transpersonnelle est d’avoir le courage d’abandonner ses propres tendances personnelles, et pour cela, détachez-vous-en. Le secret ? Pratiquez sans rien attendre. Ne vous attendez à rien. Et cela n’a rien de nouveau ! D’illustres ancêtres nous ont donné toutes les indications pour y parvenir. Prenez Arjuna dans la Bhâgavata Gita. Devant son désarroi, plongé dans le dilemme du combat, Krishna lui souffle à l’oreille « Sois dans l’action, mais ne cherche pas les fruits de ton action ». Voici en une phrase, résumée toute la splendeur du paradoxe de notre esprit et la manière de s'en libérer. Si vous prenez ce conseil dans la vie quotidienne, il n’est pas percutant. En revanche, il prend tout son sens dans l’exploration intérieure. C’est ça la clé. Le monde subtil est tellement sensible au regard qu’on lui porte, qu’il faut cesser toute projection pour pouvoir découvrir cette dimension subjective telle qu’elle est et non pas telle qu’on croit qu’elle est.
Faites les exercices de respiration et soyez curieux, mais ne projetez rien, sinon, vous risquez de ne pas arriver à destination et serez déçus. Il n’y a que vous qui vous séparez de son accomplissement.
Wladislas BARATH
1 Livre L'Upanishad Hong-Sau de Goswami Kriyananda
2 http://jean-paul.barriere.pagesperso-orange.fr/kriya/mditatio.htm
5 http://www.stanislavgrof.com/pdf/stan_grof_interview_inrees.pdf et http://holotropique.free.fr/respiholo.htm
7 Un bon site informatif sur les plantes hallucinogènes : Azarius.fr
8 Livre DMT, la molécule de l'esprit de Rick Strassman
9 Séances de respiration holotropique par la psychiatre Martine Gercault
Photo de la Galaxie, sources : wallpaperswide.com


